Connaissez vous vos muscles ?

Nous sommes tous différents, nos muscles aussi.
Les éthiopiens et les Kenyans en tête des marathons n'ont pas du tout la même morphologie que les sprinters Américains.
Pourquoi ?
Est-ce le sport qui les transforme ?
Est-ce irréversible ?

On distingue trois types de muscles :

-Les muscles striés, ce sont les muscles qui commandent le squelette, ce sont les muscles moteurs du corps humain, ils sont commandés par la volonté.

-Le muscle cardiaque, c'est le seul muscle strié qui n'est pas contrôlé par la volonté.

-les muscles lisses sont les muscles des viscères.

Bien entendu, nous allons nous pencher sur le fonctionnement des muscles striés, ce sont ceux qui nous intéressent pour le sport.

Les muscles sont fixés à leurs insertions sur des os, ils relient en règle générale deux pièces osseuses autour d'une articulation.
Lorsque un muscle se contracte, il se raccourcit et par la même occasion rapproche les deux pièces osseuses qui bougent grâce à cette articulation.
Concrètement, lorsque le biceps se contracte, en se raccourcissant il approche l'avant bras vers l'épaule.
Le mouvement du corps humain (lorsque on court, qu'on fait ses courses, qu'on joue au tennis...) est une succession de contractions musculaires qui permet de mettre le squelette en mouvement et donc d'effectuer les actions de la vie quotidienne.

Les différentes fibres musculaires

Pour se contracter, le muscle doit transformer de l'énergie chimique en énergie mécanique.
Sans entrer dans les détails, l'ATP est un élément indispensable pour le fonctionnement des muscles.
D'après la vitesse d'utilisation de l'ATP et la capacité à la produire, on peut distinguer deux sortes de fibres musculaires :

-Les fibres lentes (rouges) type 1
-les fibres rapides (blanches) type 2

Les fibres rapides sont découpées en deux catégories :

-les fibres intermédiaires IIa
-les fibres rapides IIb


1- Les fibres lentes de type 1

Elles ont un faible diamètre, les échanges en oxygène et nutriments sont faciles.
Elles peuvent maintenir très longtemps des successions de contractions, elles sont donc peu fatigables, mais elles peu puissantes.
Ce sont ces types de fibres qui sont utilisés dans les efforts de longue durée.
En moyenne, chez un individu non entraîné, les fibres musculaires de type I représentent 50 % de l'ensemble des fibres musculaires.
Chez les athlètes d'endurance (marathoniens, skieurs de fond, cyclistes sur route...), les fibres de type I peuvent représenter jusqu'à 90 % de leurs fibres musculaires.


2- Les fibres rapides IIb

Elles sont beaucoup plus grosses (presque deux fois) que les fibres lentes, elles sont très puissantes et efficaces, mais elles ne peuvent pas fournir une énergie de longue durée.
Leurs contractions prolongées s'accompagnent de la formation d'acide lactique.
Elles se fatiguent donc facilement.
Ce sont ces types de fibres utilisées dans les efforts comme le sprint.
chez les sportifs pratiquant des activités d'explosivités, on peut voir le pourcentage de fibres rapides monter à 75 %.


3- les fibres intermédiaires IIa

Comme leur nom l'indique, elles sont intermédiaires aux deux autres, de part leur taille, leur puissance et leur capacité à maintenir un effort prolongé.

Le corps humain est constitué de manière à ce que les muscles de la posture ou les muscles que l'on utilise tout au long de la journée soient constitués de fibres lentes.
Les muscles explosifs sont plutôt constitués de fibres rapides.

Pour comprendre comment le corps fait fonctionner telle ou telle fibres, il suffit d'imaginer cet exemple :
lorsque l'on lève un objet, un stylo par exemple, le cerveau évalue l'effort à effectuer et envoie l'ordre d'activer les fibres lentes des muscles en question. Si le stylo était une charge plus lourde, les fibres lentes ne suffiraient pas, il faudrait alors la mise en action d'autres fibres plus fortes. Le cerveaux solliciterait les fibres intermédiaires d'abord, puis, si nécessaire les fibres rapides .

Nous ne somme pas tous prédisposés à être sprinteur ou coureur de fond, en effet certains athlètes présentent des prédominances d'un type de fibre. C'est le cas des kenyans avec les fibres lentes par exemple, ou certains Jamaïcains avec les fibres rapides.

Même si Bekele est très rapide, s'il s'entraînait pour devenir sprinter, il n'arriverait pas à rivaliser avec des athlètes prédisposés.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'entraînement, ne permet pas de transformer des fibres lentes en fibres rapides.
L'entrainement en force par exemple permettra aux fibres rapides d'être plus efficaces, mais elles ne prendront pas la place des lentes.
L'entrainement en endurance peut transformer en partie des fibres rapides en fibres intermédiaires.
Un sujet sédentaire aura une part de fibres rapides plus importante qu'un sujet entraîné.
Cela ne veut pas dire qu'il aura moins de force après l'entrainement en endurance, mais ses fibres musculaires auront évoluées.
Grég